Hanche

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Changement de prothèse totale de hanche : indications, procédure et rétablissement

Votre prothèse de hanche nécessite un remplacement ? Usure, douleur ou complications peuvent justifier une révision prothétique. Découvrez quand envisager cette intervention, comment se déroule l’opération et les clés pour une récupération optimale.

Changement de prothèse totale de hanche par Dr Jaballah à Paris 16

Introduction

La prothèse totale de hanche (PTH) est une intervention chirurgicale majeure qui permet d’améliorer la qualité de vie des patients souffrant d’arthrose avancée, de fractures du col du fémur ou d’autres pathologies articulaires graves. Toutefois, après plusieurs années, il peut être nécessaire de procéder à un changement de prothèse, une intervention appelée « reprise de prothèse totale de hanche ». Ce remplacement peut être dû à l’usure des matériaux, à une infection, à une luxation ou à un descellement de la prothèse.

Dans cet article, nous examinerons en détail les raisons nécessitant un changement de prothèse, la procédure chirurgicale et le processus de rétablissement.

1. Pourquoi changer une prothèse totale de hanche ?

1.1 L’usure des matériaux

Avec le temps, les prothèses subissent des contraintes mécaniques importantes. Bien que les matériaux modernes (céramique, métal, polyéthylène) soient conçus pour durer entre 15 et 25 ans, une usure excessive peut entraîner des douleurs et une instabilité. L’usure du polyéthylène peut produire des microparticules pouvant provoquer une réaction inflammatoire et conduire à un amincissement de l’os environnant, phénomène connu sous le nom d’ostéolyse.

1.2 Le descellement aseptique

Le descellement est un problème fréquent, survenant lorsque la fixation de la prothèse à l’os se relâche. Il peut résulter d’une réaction inflammatoire causée par des particules d’usure, d’une perte osseuse progressive ou d’un défaut d’intégration de l’implant. Ce phénomène entraîne une douleur croissante et une perte de fonction de la hanche, nécessitant un remplacement avant que la situation ne s’aggrave.

1.3 L’infection périprosthétique

Une infection autour de la prothèse est une complication grave qui nécessite souvent une reprise chirurgicale. Elle peut survenir peu de temps après l’opération (infection précoce) ou plusieurs années plus tard (infection tardive). Les infections précoces peuvent parfois être traitées par un nettoyage chirurgical (débridement) avec conservation de la prothèse, alors que les infections tardives nécessitent souvent une reprise en un ou deux temps. L’identification rapide des signes d’infection (douleur persistante, rougeur, gonflement, fièvre) est essentielle pour limiter les risques de complications graves.

1.4 La luxation de la prothèse

Une prothèse mal positionnée, une faiblesse musculaire ou une usure des composants peut entraîner des luxations répétées, justifiant une reprise chirurgicale pour stabiliser l’articulation. Les luxations sont plus fréquentes lorsque l’angle d’insertion des implants est inadéquat ou lorsque les muscles stabilisateurs de la hanche sont affaiblis. Dans certains cas, l’utilisation de têtes de prothèse de plus grand diamètre ou de cupules à double mobilité permet de réduire le risque de luxation.

1.5 La fracture périprosthétique

Une fracture du fémur autour de la prothèse peut nécessiter son remplacement, notamment si la stabilité de l’implant est compromise. Ce type de fracture est plus fréquent chez les personnes âgées présentant une fragilité osseuse due à l’ostéoporose. Le traitement dépend du type de fracture et de la stabilité de la prothèse en place : certaines fractures nécessitent uniquement une ostéosynthèse (fixation par plaques et vis), tandis que d’autres imposent un changement de l’implant.

2. Bilan préopératoire et diagnostic

Avant d’envisager un changement de prothèse, un bilan complet est nécessaire :

  • Examen clinique : évaluation de la douleur, de la mobilité et de la stabilité de la hanche
  • Imagerie médicale : radiographies, scanner, IRM et scintigraphie osseuse pour identifier les anomalies
  • Bilan biologique : recherche d’une infection par des analyses sanguines et ponction articulaire si nécessaire

3. Procédure chirurgicale

3.1 Planification de l’intervention

La reprise de prothèse totale de hanche est plus complexe qu’une première implantation. Le chirurgien doit prévoir la stratégie en fonction de l’état de l’os et des tissus environnants.

3.2 Techniques chirurgicales

  • Reprise simple : remplacement d’un seul composant (cupule ou tige fémorale), généralement lorsque le reste de l’implant est encore bien fixé et fonctionnel. Cette intervention est moins invasive et permet un rétablissement plus rapide
  • Reprise complexe : remplacement complet de la prothèse avec greffe osseuse si nécessaire. Cette technique est indiquée lorsque l’os autour de la prothèse est fragilisé ou insuffisant pour assurer une bonne fixation du nouvel implant. La greffe osseuse peut être autologue (prélevée sur le patient) ou réalisée avec des substituts synthétiques
  • Reprise en deux temps : en cas d’infection, la prothèse est retirée et un espaceur antibiotique temporaire est mis en place. Ce dispositif permet de traiter l’infection tout en préservant l’espace articulaire en attendant une nouvelle implantation. Une fois l’infection éradiquée (généralement après plusieurs semaines de traitement antibiotique), une nouvelle prothèse définitive est posée lors d’une seconde intervention

3.3 Matériaux utilisés

Les nouvelles prothèses de hanche sont conçues à partir de matériaux de haute technologie visant à améliorer la longévité et le confort des patients. Parmi eux :

  • Alliages de titane : utilisés pour la tige fémorale, ils offrent une excellente biocompatibilité, facilitant l’intégration osseuse et réduisant le risque de rejet
  • Céramique : souvent employée pour la tête fémorale, elle présente une très faible usure et un excellent coefficient de frottement, limitant ainsi le risque de descellement et de production de particules
  • Polyéthylène hautement réticulé : ce matériau est utilisé pour la cupule ou l’insert acétabulaire, assurant une surface de glissement réduisant l’abrasion et augmentant la durabilité de la prothèse

Les innovations récentes ont permis de développer des implants personnalisés et des revêtements antibactériens, réduisant le risque d’infection et améliorant la tolérance des implants dans le temps.

4. Rétablissement et rééducation

4.1 Phase post-opératoire immédiate

  • Surveillance en unité de soins intensifs si nécessaire
  • Gestion de la douleur par antalgiques et anesthésie locorégionale
  • Prévention des complications thromboemboliques (anticoagulants, bas de contention, mobilisation précoce)

4.2 Rééducation fonctionnelle

  • Mobilisation progressive avec un kinésithérapeute
  • Appui protégé sur la jambe opérée selon les recommandations du chirurgien
  • Exercices pour renforcer les muscles autour de la hanche et améliorer l’équilibre

4.3 Retour à une vie normale

  • Récupération fonctionnelle en 3 à 6 mois
  • Surveillance régulière par radiographies de contrôle
  • Reprise progressive des activités physiques avec précautions

5. Risques et complications

Bien que la reprise de prothèse soit une intervention maîtrisée, certains risques existent :

  • Infection persistante
  • Fracture périprosthétique
  • Thrombose veineuse profonde
  • Raideur articulaire
  • Inégalité de longueur des jambes

Conclusion

Le changement d’une prothèse totale de hanche est une intervention nécessaire dans certaines situations, notamment en cas d’usure, de descellement ou d’infection. Cette chirurgie complexe exige une planification rigoureuse, une technique adaptée et un suivi post-opératoire attentif. Une bonne prise en charge et une rééducation appropriée permettent aux patients de retrouver une qualité de vie optimale et une mobilité satisfaisante.